Silba adipata McAlpine

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Auteurs : F. DROUET / B. PEYRE.
Photographies : voir crédits.

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Lutte biologique

 

 

 

Il serait intéressant de disposer de parasitoïdes ou de prédateurs pour lutter contre Silba adipata McAlpine à certains stades de son cycle de vie. Le présent chapitre rapporte les rares observations sur ce sujet, mais, à la date de sa dernière modification (novembre 2024), il n'a été identifié aucune espèce susceptible de produire des résultats suffisamment importants pour enrayer l'action dévastatrice sur les figues immatures de Silba adipata McAlpine.

 

OBSERVATIONS DE F. SILVESTRI

Au cours de son étude de la mouche noire du Figuier, Filippo SILVESTRI a observé que celle-ci est parasitée par un hyménoptère dont le nom est Pachyneuron vindemmiae Rondani. Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146. F. L'auteur indique qu'il a observé ce parasitoïde seulement dans des pupes trouvées dans les localités de Portici et de Resina, alors qu'il a examiné des milliers d'oeufs, de larves et de pupes récoltés dans les provinces de Naples, de Salerno et de Lecce, ainsi que plus de mille pupes reçues de Tripoli.

Il précise que cet hyménoptère parasite également la mouche du vinaigre (Drosophila melanogaster Meingen, qu'il désigne par le synonyme Drosophila ampelophila Loew). Il s'agit d'un très petit insecte vert obscur, presque noir, dont le corps mesure 2 mm de long et 0,6 mm de largeur au thorax (voir la description).
 

Pachyneuron vindemmiae Rondani, individu femelle

Pachyneuron vindemmiae Rondani, individu femelle.
Crédit :
F. SILVESTRI.
 

F. SILVESTRI indique que la femelle de Pachyneuron vindemmiae Rond. recherche les pupes de la mouche noire du Figuier qui se trouvent en surface entre les fruits tombés, ou à faible profondeur, et pond un oeuf à l'intérieur de la pupe, sur la nymphe. La larve issue de cet oeuf se nourrit de la nymphe de la mouche noire du Figuier, et, après s'être complètement développée, se transforme en pupe à l'intérieur de la pupe de celle-ci. Puis, le Pachyneuron adulte sort de sa pupe et de celle de la mouche noire du Figuier en perçant un trou avec ses mandibules. Le développement complet du parasitoïde, de l'oeuf à l'adulte, prend 15 jours en été et de 16 à 23 jours de septembre à novembre.

Compte tenu que les pontes du parasitoïde s'effectuent uniquement dans des pupes à découvert ou peu cachées, F. SILVESTRI juge que Pachyneuron vindemmiae Rond. est d'un apport négligeable dans la lutte contre la mouche noire du Figuier.

Il ne connaît à cette dernière aucun autre ennemi spécifique, y compris d'éventuels bactéries ou champignons. Il note simplement que le blastophage peut être considéré au niveau du caprifiguier comme un ennemi indirect de la mouche noire du Figuier. Le blastophage étant à l'origine de la transformation des fleurs en galles qui remplissent complètement la cavité centrale de la figue, ce qui empêche les jeunes larves qui s'y trouvent de se mouvoir et provoque leur mort.

 

OBSERVATIONS DE B. I. KATSOYANNOS

Nous avons trouvé une référence plus récente relative au parasitoïde décrit ci-dessus. B. I. KATSOYANNOS, en 1981 et 1982, a étudié des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Il rapporte qu'une seule fois, le 27 septembre 1981, parmi 70 pupes ramassées dans l'île, 45 pupes ont produit un individu de Silba adipata McAlpine et 8 pupes un individu d'une espèce parasitoïde, Pachycrepoideus vindemmiae Rondani (synonyme de Pachyneuron vindemmiae Rondani). Référence : KATSOYANNOS B. I., 1983, Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae), and trapping experiments, Z. ang. Entomol. 95, pp. 471-476.

 

OBSERVATIONS DE E. TUTMUS

Dans sa thèse relative à Silba adipata McAlpine, soutenue en 2013 à l'université d'Aydin (Turquie), Esref TUTMUS fournit en page 32, § 4.5, quelques indications relatives aux ennemis de Silba adipata McAlpine. En 2011, aucun ennemi naturel de Silba adipata McAlpine n'a été repéré dans les figues. En 2012, des hyménoptères parasitoïdes et des fourmis prédatrices ont été trouvés. Mais l'auteur ne fournit aucun détail, mentionnant simplement qu'une phase d'identification est en cours. Référence : TUTMUS E., 2013, thèse de l'université Adnan MENDERES - Aydin (Turquie), Aydin ili incir bahçelerinde Silba adipata McAlpine (=Lonchaea aristella Becker) (Diptera: Lonchaeidae)'nin yayilisi, popülasyon degisimi ve zarar oraninin belirlenmesi, 44 p.

 

INDICATION DE J.H. GILIOMEE

J. H. GILIOMEE et al. indiquent qu'en Afrique du Sud, où Silba adipata McAlpine a été identifiée en 2006 et 2007, aucun parasitoïde n'a été observé pour l'espèce. Référence : GILIOMEE J. H., E. VENTER E., WOHLFARTER M., 2007, Mediterranean black fig fly, Silba adipata McAlpine (Diptera: Lonchaeidae), recorded from South Africa, African Entomology 15(2), pp. 383-384.

 

LES FOURMIS : PRÉDATEURS D'ACTION LIMITÉE

Selon diverses observations de l'équipe des contributeurs permanents au présent site, les fourmis sont à considérer comme des prédateurs de Silba adipata McAlpine car elles s'en prennent aux œufs et aux larves de celle-ci. Doit-on les considérer comme des régulateurs des populations de l'espèce ? Certainement, mais malheureusement de façon très limitée car les pourcentages d'œufs ou de larves de Silba adipata McAlpine supprimés par les fourmis sont faibles (voir les quatre chapitres consacrés à l'action des fourmis, à la fin de la rubrique "Mode de vie").

 

CURIEUSE OBSERVATION DE B. PEYRE

Communication de Bernard PEYRE, ancien producteur de figues, consultant-formateur pour la culture commerciale de la figue.

Le 10 octobre 2024, j'ai prélevé dans un verger infesté par Silba adipata McAlpine sept figues mûres de la variété bifère 'Dalmatie' (épiderme verdâtre à maturité) ne présentant pas de trous de sortie de larve. J'ai trouvé dans la cavité centrale de toutes ces figues des moisissures sur dégâts de larves, ainsi que des pupes ou des imagos desséchés noirâtres de Silba adipata McAlpine. J'ai prélevé au sein de leur infrutescence rougeâtre, à des fins d'examen, tous les éléments qui pouvaient ressortir de l'infestation par Silba adipata McApine. Pour l'une de ces figues (numérotée 4, photographies ci-après), parmi les éléments extraits figurait ce qui me paraissait une larve blanchâtre morte de très petite taille, qui a donné lieu à une curieuse observation.
 

Figue mûre 'Dalmatie' n° 4 entière.

Figue mûre 'Dalmatie' n° 4 entière.

 

Intérieur de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.

Intérieur de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.
(la région sommitale a fait l'objet d'un tranchage transversal pour recherche de chorions au niveau de l'ostiole).

 

Moisissures au sein de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.

Moisissures sur dégâts de larves au sein de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.

 

Eléments extraits de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.

Eléments extraits de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.
(noter l'élément blanchâtre, à l'allure de larve morte de très petite taille).
 

L'examen de la région ostiolaire de la figue n° 4 sous stéréomicroscope a confirmé l'infestation par Silba adipata McAlpine, en mettant au jour 12 chorions de cette espèce, répartis sous 5 écailles ostiolaires (2 + 5 + 3 + 1 + 1). Elle a également révélé la présence de chorions de Drosophila suzukii Matsumura (2 filaments respiratoires) sous les écailles ostiolaires et dans le canal ostiolaire, en faible nombre. Voir exemples sur les photographies ci-après.
 

Trois chorions de Silba adipata McAlpine sous une écaille ostiolaire de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.

Trois chorions de Silba adipata McAlpine trouvés sous une écaille ostiolaire de la figue mûre 'Dalmatie' n°4.

 

Chorion de Drosophila suzukii Masumura trouvé sous une écaille ostiolaire de la figue mûre 'Dalmatie' n°4

Chorion de Drosophila suzukii Matsumura trouvé sous une écaille ostiolaire de la figue mûre 'Dalmatie' n°4
(note : en taille réelle, ce chorion est deux fois plus petit que celui de Silba adipata McAlpine).
 

Concernant l'élément blanchâtre desséché extrait de l'infrutescence qui suggérait une larve de très petite taille, j'étais intrigué par sa forme trop ramassée (largeur trop importante par rapport à la longueur), telle qu'apparaissant dans mes photographies prises sur table après extraction hors de l'infrutescence. L'examen sous stéréomicroscope donne la réponse pour cette forme inhabituelle, mais révèle une observation rarissime en forme d'énigme (voir photographie ci-après).
 

Elément blanchâtre desséché extrait de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie n° 4.

Examen sous stéréomicroscope de l'élément blanchâtre desséché extrait de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n° 4.
 

J'ai reçu la contribution de François DROUET pour l'interprétation de la photographie. Pour nous, il s'agit en fait d'une larve (dont l’extrémité antérieure et une partie du corps sont visibles) qui semble être décédée avant de parvenir à s’extraire totalement d’une larve hôte blanchâtre nettement plus grosse (dont il ne reste que la partie postérieure, à droite sur la photographie). Compte tenu de l'état de dessèchement de l'élément examiné, il n'a pas été possible de mettre en évidence des stigmates postérieurs. L’indice qui accrédite de façon certaine le fait qu’il s'agit de deux larves est la présence d’une deuxième armature pharyngienne, complétée de mandibules, le long du corps de la larve émergente. Il faut noter que cette armature pharyngienne est d’une taille d’à peu près le double de celle de l’armature pharyngienne de la larve émergente. D’après la taille de l’élément global examiné, soit 2 mm (photographie ci-dessous), la larve émergente pourrait mesurer entre 1,5 et 2 mm. La tentative d'extraction de la larve a échoué, car celle-ci s’est brisée du fait de son dessèchement. La taille de la larve hôte est plus difficile à évaluer à partir du fragment restant (3 mm ?).
 

Taille de l'élément blanchâtre extrait de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n° 4.

Taille de l'élément blanchâtre extrait de l'infrutescence de la figue mûre 'Dalmatie' n° 4.
 (taille mesurée : 2 mm).
 

Notre hypothèse est qu’il s’agit d’une larve d’un parasitoïde qui n’a pas réussi à s’extraire totalement du reliquat d’une larve hôte. Sans que nous sachions quelles sont les deux espèces concernées. Nous ne savons pas non plus si la larve du parasitoïde émerge à complet développement ; si c’est le cas, l’imago correspondant est un insecte de très petite taille. Et nous ignorons à quel âge la larve hôte a été attaquée. Si la larve hôte mesurait 3 mm au moment de l’attaque, et que l’attaque a bloqué son développement, il peut s’agir d’une larve de Silba adipata McAlpine âgée de 2 jours. Si le développement de la larve hôte a été bloqué seulement après l’incubation de l’œuf du parasitoïde (1 jour ?), la larve hôte avait peut-être pour taille 2 mm au moment de l’attaque, ce qui correspondrait à une larve de Silba adipata McAlpine âgée de 1 jour. Mais la larve hôte peut être aussi d’une autre espèce que Silba adipata McAlpine.

 

 

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