Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET.
Photographies : François DROUET.

(sauf indications).
Tous droits réservés.

 

 

Mode de vie de la larve

 

 

 

J'expose ci-après le mode de vie de la larve selon le plan suivant : comportement de la larve, comprendre les dégât de la larve, abandon de la figue par la larve.

 

COMPORTEMENT DE LA LARVE

 

F. SILVESTRI  fournit de très intéressantes observations du comportement dans la figue de la larve de la mouche noire du Figuier. Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146. Je les complète par mes propres observations.

Sauf en de rares cas, Silba adipata McAlpine ne dépose pas ses œufs dans le canal ostiolaire constitué d'écailles verticales blanchâtres. Les œufs sont placés sous les écailles horizontales (plus ou moins rouges, parfois entièrement vertes) qui ferment l'ostiole en se chevauchant. Les larves naissent donc sous ces écailles (elles mesurent alors un peu moins de 1 mm).
 

Silba adipata McAlpine : larve venant de naître sous une écaille ostiolaire horizontale

Silba adipata McAlpine : larve venant de naître sous une écaille ostiolaire horizontale.
(la larve va pénétrer dans le canal ostiolaire, situé au-dessous d'elle).
Crédit : Alain COSTA.

 

Silba adipata McAlpine : pointe de larve visible sous écaille ostiolaire.

Silba adipata McAlpine : pointe de larve visible sous écaille ostiolaire.

 

Silba adipata McAlpine : larve dévoilée près d'un amas de chorions sous l'écaille relevée.

Silba adipata McAlpine : larve dévoilée près d'un amas de chorions sous l'écaille relevée.
 

Elles traversent ensuite le conduit ostiolaire et se rendent dans la cavité centrale, sur les fleurs qui tapissent celle-ci. Elles commencent par attaquer les styles, dont les extrémités prennent une couleur brunâtre.
 

Mouche de la figue : cavité centrale d'une figue immature infestée (coupe transversale)

Mouche de la figue : cavité centrale d'une figue immature infestée (coupe transversale).
(de l'extérieur vers l'intérieur : épiderme vert, parenchyme, inflorescence, extrémités des fleurs dévorées et brunies).

 

Silba adipata McAlpine : larve dans cavité centrale d'une figue immature (coupe transversale)

Silba adipata McAlpine : larve dans cavité centrale d'une figue immature (coupe transversale).
 

Selon les observations de F. SILVESTRI, dans les figues immatures du figuier domestique (il cite en exemple la variété 'Troiano'), les jeunes larves abandonnent rapidement la cavité centrale de la figue pour attaquer plus particulièrement le parenchyme de la paroi du sycone, dans lequel elles creusent des galeries.
 

Mouche de la figue : larve dans une galerie creusée dans le parenchyme, entre épiderme et inflorescence

Mouche de la figue : larve dans une galerie creusée dans le parenchyme (placenta), entre épiderme et inflorescence.
(noter de haut en bas : épiderme rougi, parenchyme avec larve, inflorescence).

 

Silba adipata McAlpine : galerie creusée par la larve dans le parenchyme

Silba adipata McAlpine : galerie creusée par la larve dans le parenchyme.

 

Mouche de la figue : galerie creusée par la larve dans le parenchyme

Mouche de la figue : galerie creusée par la larve dans le parenchyme.

 

Mouche de la figue : galeries creusées par les larves dans le parenchyme

Mouche de la figue : galeries creusées par les larves dans le parenchyme.
 

Je n'ai pas étudié le temps de séjour des larves dans la cavité centrale des figues, mais j'ai constaté la présence de larves de petite taille dans la cavité centrale et de larves de plus grande taille dans les galeries creusées dans le placenta. Ce qui confirme que les larves quittent la cavité centrale lorsqu'elles sont encore jeunes. F. SILVESTRI indique que la galerie est sinueuse et que la couleur de sa paroi est brunâtre, plus ou moins sombre, contrastant avec la couleur blanche des parties saines du placenta. Ce que j'ai observé moi aussi. Il précise que la galerie présente une longueur de 2 cm environ et un diamètre de l'ordre de 1 mm.
 

Silba adipata McAlpine : galeries creusées par les larves dans le parenchyme

Silba adipata McAlpine : galeries creusées par les larves dans le parenchyme.

 

Mouche de la figue : galerie creusée par la larve dans le parenchyme

Mouche de la figue : galerie creusée par la larve dans le parenchyme.
 

F. SILVESTRI note une différence de comportement des larves dans les jeunes figues immatures des caprifiguiers. Elles résident plus longtemps dans la cavité centrale, et y produisent des dégâts beaucoup plus importants. Après s'être attaquées aux styles, les larves s'en prennent aux ovaires en les vidant après en avoir percé la paroi et y avoir introduit l'extrémité antérieure. Quand elles ont atteint la taille de 6-7 mm de long, elles s'insinuent entre les fleurs et attaquent les pédoncules, ainsi que le parenchyme qui les soutient. Puis, lorsqu'elles sont complètement développées, ou presque, les larves creusent une galerie dans l'épaisseur du parenchyme.

F. SILVESTRI ajoute que dans les figues mûres du caprifiguier, les larves se nourrissent également des reliquats de fleurs dans la cavité centrale ainsi que du parenchyme sous-jacent et, qu'en outre, elles s'introduisent dans les galles du blastophage par le trou de sortie de celui-ci et en dévorent la couche molle. En revanche, dans les figues de caprifiguier dont les fleurs sont encore infestées par le blastophage et remplissent totalement la cavité centrale, les jeunes larves meurent, car elles ne peuvent pas se mouvoir entre les parties distales des fleurs qui les compriment.

Dans les cas du figuier domestique comme du caprifiguier, les larves à complet développement percent un trou dans la peau pour sortir de la figue. Elles se laissent alors chuter au sol et s'enfouissent pour se transformer en pupe. Selon F. SILVESTRI, l'enfouissement a lieu à faible profondeur (2 à 10 cm).

 

COMPRENDRE LES DEGÂTS DE LA LARVE

 

En regardant les dégâts de larve de plus près, j'observe que la couleur brune de la cavité centrale des figues attaquées est due à la dégradation de la partie terminale des styles qui brunit par suite de cette détérioration.
 

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue.
(les styles ont une extrémité brunie).

 

Ce sont les jeunes larves qui ont dévoré l'infrutescence en surface.
 

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue

Mouche noire du Figuier : dégradation par la larve de l'infrutescence au niveau de la cavité centrale de la figue.
(les styles ont une extrémité détériorée et brunie).

 

Lorsque je repousse de l'intérieur l'infrutescence à proximité des trous de sortie de larve pour dégager la face interne de la peau, j'observe de larges zones brun clair.
 

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve contre la peau, sous l'infrutescence

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve contre la peau, sous l'infrutescence.
(noter le trou de sortie de larve vu de l'intérieur, dans le haut de la zone brun clair).

 

Ces amas de résidus brun clair, plus ou moins épais, se trouvent entre l'infrutescence et la peau de la figue. Plus précisément, sous les pédoncules des fruits et contre la paroi interne de la peau. Ils résultent de la destruction du placenta par les larves de grande taille, au fur et à mesure du creusement des galeries. Ce sont, en quelque sorte, les galeries mises à plat.
 

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve sous l'infrutescence (dans le placenta)

Mouche noire du Figuier : dégâts de la larve sous l'infrutescence (dans le placenta).
 

Les larves de grand taille sectionnent les pédoncules des fruits en creusant les galeries dans le placenta.
 

Mouche noire du Figuier : pédoncule d'un fruit sectionné par la larve (en haut, à droite)

Mouche noire du Figuier : pédoncule d'un fruit sectionné par la larve (en haut, à droite).

 

Mouche noire du Figuier : la larve sectionne les pédoncules des fruits en creusant des galeries

Mouche noire du Figuier : la larve sectionne les pédoncules des fruits en creusant des galeries dans le parenchyme.
 

F. SILVESTRI indique un procédé pour mettre à nu les galeries. Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146. J'ai utilisé ce procédé. Il faut repérer un trou de sortie de larve en surface de la figue.
 

Mouche noire du Figuier : repérage de deux trous de sortie de larve

Mouche noire du Figuier : repérage de deux trous de sortie de larve (et choix de celui en bas à droite).
 

A partir du trou repéré, couper la peau en longueur en entamant légèrement le placenta.
 

Mouche noire du Figuier : début de mise à nu de la galerie creusée par la larve

Mouche noire du Figuier : début de mise à nu de la galerie creusée par la larve.

 

Mouche noire du Figuier : détail de la galerie creusée par la larve

Mouche noire du Figuier : détail de la galerie creusée par la larve.
 

En poursuivant ainsi tout en tournant autour de la figue, le résultat est édifiant...
 

Mouche noire du Figuier : galeries creusées par les larves

Mouche noire du Figuier : galeries creusées par les larves.

 

ABANDON DE LA FIGUE PAR LA LARVE

 

FORAGE DU TROU DE SORTIE

Lorsque la larve a atteint sa taille maximale, elle perce un trou dans l'épiderme de la figue pour s'extraire de celle-ci. Selon les mesures de F. SILVESTRI, ce trou fait 0,5 à 0,7 mm de diamètre. J'ai observé que la position du trou sur la figue est très variable. F. SILVESTRI a effectué le même constat et indique que sur 110 jeunes figues attaquées de la variété 'Troiano', 57 présentaient le trou sur la moitié inférieure et 53 sur la moitié supérieure, dans quelques cas positionné très près de l'ostiole ou du pédoncule. Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.
 

Silba adipata McAlpine : larve achevant de forer son trou de sortie de la figue

Silba adipata McAlpine : larve achevant de forer son trou de sortie de la figue.

 

SORTIE DE LA FIGUE

La larve sort ensuite de la figue, le plus souvent alors que la figue est encore sur l'arbre, la larve chutant alors au sol. Selon les observations de F. SILVESTRI, il arrive que les larves ne quittent la figue qu'après que celle-ci soit tombée à terre. Pour ma part, je peux seulement rapporter que, dans de rares cas, j'ai trouvé encore des larves dans des figues avec trous de sortie de larve que j'avais ramassées sur l'arbre. J'ai observé que la sortie de la larve par le trou qu'elle a foré s'effectue en deux à trois minutes.
 

Silba adipata McAlpine : larve commençant à sortir de la figue

Silba adipata McAlpine : larve commençant à sortir de la figue.
 

La larve se contorsionne vivement pour se dégager peu à peu, le trou étant étroit par rapport au diamètre de son corps. En fin de dégagement, elle se projette littéralement hors de la figue par une détente brusque du corps.
 

Silba adipata McAlpine : larve quittant la figue en se contorsionnant

Silba adipata McAlpine : larve quittant la figue en se contorsionnant.
 

Alain COSTA, ingénieur agricole-consultant dans la région d'Albaterra (Espagne), où se trouvent d'importants vergers commerciaux de figues, m'a fait parvenir la vidéo suivante.

 

Silba adipata McAlpine : larve s'extrayant de la figue immature.
Crédit : Alain COSTA.

 

ENFOUISSEMENT

J'ai remarqué que les larves en contact avec la terre s'enfouissent rapidement : en quinze à trente secondes. Mais certaines sont plus lentes à s'enfouir, et mettent jusqu'à 90 secondes pour disparaître de la surface. J'ai également pu observer que les larves déposées sur le sol se déplacent par bonds successifs de l'ordre de 5 cm pour trouver un endroit propice à leur enfouissement. Pour effectuer un bond, la larve se replie sur elle-même en cercle, puis détend brusquement son corps. Enfin, j'ai pu noter que pour s'enfouir, les larves peuvent se tenir verticalement par rapport au niveau de la terre sur la totalité de leur corps, après avoir introduit leur partie antérieure dans la terre.

 

 

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